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Claude en cabinet comptable : près de 7 heures avec un expert-comptable d’Axiome Associés
Trois rendez-vous avec Brandon Muller, expert-comptable chez Axiome Associés. Claude branché sur Pennylane et Microsoft 365 : ce qui a marché, ce qui a coincé, et ce qu’il en dit.
Par Pablo Goffinet, fondateur d’OSERIA ·
Le cabinet et le point de départ
Brandon Muller est expert-comptable chez Axiome Associés, un groupe d’expertise comptable du sud de la France. Il utilisait déjà Claude pour ses devis, son reporting et sa gestion interne. Il voulait aller plus loin, sur ses vrais dossiers.
Trois sujets revenaient. La confidentialité, d’abord : « J’ai un problème de confidentialité ». Sa boîte mail : « Je passe un temps fou sur ma boîte mail. » Et l’accueil des nouveaux clients : « le plus important où il faut que j’arrive à gérer c’est l’onboarding client ».
Les séances se sont faites en visio, sur son poste. Elles ont été enregistrées : les citations de cet article viennent des transcriptions. Nous ne citons ni ses clients ni ses collaborateurs.
| Date | Durée | Sujet |
|---|---|---|
| 5 août | 30 min | Premier appel |
| 28 août | 3 h 57 | Mise en place : Claude, Pennylane, Microsoft 365, CRM |
| 23 septembre | 2 h 24 | Brouillons de mails, pilotage depuis WhatsApp |
| Total | 6 h 51 | Pauses et attentes comprises |
28 août : la mise en place
Première étape, Claude installé sur son poste, avec un dossier de travail. Premier blocage aussi : pour brancher Pennylane sur l’espace Claude du cabinet, il fallait en être administrateur. Il a ouvert son propre espace pour l’être.
Ensuite, un coffre Obsidian, qu’il a appelé « OS compta » : un dossier de notes que Claude lit et complète. Il y a listé ses sources de veille (BOFiP, Légifrance, service-public.fr, la Revue fiduciaire, l’Ordre) et y a fait créer une fiche par client à partir de Pennylane. Les fiches clients étaient là en fin de séance. Les sources de veille, elles, n’étaient pas encore intégrées.
Pennylane : lire, et surtout agir
Le connecteur officiel de Pennylane lit les données sans rien modifier. Pour agir, il faut l’API : une clé en lecture et écriture, rangée dans un fichier à part plutôt que dans la conversation. Premier test, une question sur le solde d’un client : Claude a répondu depuis Pennylane. Sa conclusion : « J’ai juste la même chose que si j’étais en MCP, mais en plus, je peux aussi agir. »
Plusieurs outils ont suivi : Microsoft 365, Trello, GitHub, et Granola pour les comptes rendus de réunion. Fathom demandait l’accord de l’administrateur informatique ; Granola s’est connecté sans. C’est là qu’il a lâché : « Là, tu es en train de me résoudre plein de choses que moi, j’étais en train de poser la question de comment j’allais faire. » Puis : « Plus il y a d’applications qui sont connectées là, plus moi ça me fait gagner du temps. »

Un CRM et des méthodes qui ne bougent plus
Twenty, un CRM libre, a été installé sur son poste et rempli avec ses clients depuis Pennylane. Il restait des corrections à faire : des prénoms inversés avec les noms sur certaines fiches, et une vue à classer par statut plutôt que par secteur.
Pour ses prévisionnels et ses évaluations, son problème était la constance : « des fois, quand je relance, ça reprend des nouvelles méthodes […] je veux qu’ils restent dans le cadre ». Nous avons créé un dossier par usage, prévisionnel et évaluation, pour y fixer chaque méthode. Son constat : « maintenant, à tout moment, je peux reprendre le truc et je le refais. En fait, avant, ça, je ne pouvais pas le faire, ça me bloquait. »
Ce qui n’a pas abouti ce jour-là
Une routine qui prépare des brouillons de réponse à ses mails a été créée en fin de séance, avec une exigence de sa part : « je veux garder le brouillon aussi ». Aucun mail n’est arrivé avant la fin : elle n’a rien produit sous nos yeux. La charte graphique de ses livrables a été lancée et ses couleurs choisies, mais le résultat n’a pas été vérifié en séance.
23 septembre : les brouillons de mails
La routine lisait ses mails mais ne pouvait pas écrire de brouillon. Claude a trouvé pourquoi : la permission d’écriture n’avait jamais été accordée côté Microsoft 365, et seul l’administrateur pouvait le faire. Il a appelé son prestataire informatique, lui a lu le diagnostic de Claude, et l’écriture a été débloquée. Une bonne demi-heure d’attente, pour une autorisation.
Nous avons alors tout refait proprement, avec un fichier de contexte et un fichier de règles. Les règles, il les a dictées à la voix : un brouillon pour chaque client, les publicités et les mails de non-clients classés à part, la source citée en bas des réponses techniques, une relève toutes les 30 minutes pendant les heures de bureau. Rien ne part sans lui.
Résultat : un brouillon de réponse a bien été généré. Un mail de prospect, sans fiche client, a été classé sans réponse, comme prévu. La signature, en revanche, n’a pas suivi : c’est une image, et le connecteur Microsoft la refuse.
Un outil de conversion, et WhatsApp
Avant la séance, il avait construit avec Claude un outil qui convertit l’export d’un logiciel de gestion vers la trame d’import de Pennylane. « Il avait fait une première erreur. Après, je dis, corrige-moi. Et maintenant, dès que je dépose, il me crée la bonne trame. » Nous en avons fait une page lisible, un artefact. Sa réaction en découvrant les artefacts : « Des slides. C’est incroyable. »
Enfin, nous avons relié Claude à son WhatsApp, limité à sa seule conversation, sans aucun groupe. Les commandes de base répondent. Une vraie demande a été lancée en fin de séance, mais la réponse n’est pas arrivée avant la fin de l’enregistrement.
L’accueil des nouveaux clients, son sujet prioritaire, n’a pas encore été traité. C’est pour la séance suivante.
Ce qu’il en dit, et ce qu’il ne dit pas
Brandon n’a donné aucun chiffre de temps gagné, et nous n’en inventons pas. Ce qu’il a dit, en revanche, porte sur la sécurité : « c’est vraiment le seul truc que tout le monde me demande ». La question est légitime. Les données que Claude lit passent par les serveurs du modèle : le choix de l’offre et de son cadre contractuel compte autant que la technique.
Ce que nous en retenons
Avoir la main sur ses outils. Les deux plus gros blocages venaient de droits d’administrateur, sur Claude puis sur Microsoft 365. Prévoir l’informaticien avant la séance fait gagner une demi-heure.
L’API pour agir, le connecteur officiel pour lire. Le second suffit pour interroger un dossier, la première pour y écrire.
Des brouillons, jamais des envois. Chaque réponse préparée par Claude reste à valider.
Écrire les règles. Un fichier de contexte et un fichier de règles par usage : c’est ce qui fixe une méthode d’un dossier à l’autre.
Protéger les clés. Une clé d’accès se range dans un fichier à part. Si elle apparaît à l’écran pendant une séance, on la régénère.
Un autre cas réel : près de 9 heures avec le cabinet Roads Expertise Comptable. Et pour le cadre : le guide du MCP Pennylane, le secret professionnel face aux outils d’IA.
Questions fréquentes
Faut-il être administrateur de ses outils ?
C’est préférable. Brancher Pennylane sur un espace Claude d’équipe, ou autoriser Claude à écrire dans une boîte Microsoft 365, demande les droits d’administrateur. Sans eux, il faut l’informaticien en ligne pendant la séance.
Quelle différence entre le connecteur officiel de Pennylane et l’API ?
Le connecteur officiel lit vos données sans rien modifier. L’API permet d’agir, par exemple justifier une transaction, avec une clé que vous générez et rangez vous-même.
Claude envoie-t-il des mails à la place de l’expert-comptable ?
Non. La routine prépare des brouillons, classe ce qui ne demande pas de réponse, et l’expert-comptable relit avant d’envoyer.
Combien de temps a-t-il gagné ?
Il n’a pas donné de chiffre, et nous n’en publions pas. Ce qui a changé, selon lui : ses méthodes de prévisionnel ne bougent plus d’un dossier à l’autre, et il peut reprendre un travail à tout moment.
Dans ce sujet
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